À propos de Victoria

Qui suis-je ?
Pendant toutes les années de mon existence, sans le savoir, j’ai été préparé à devenir accompagnante de personnes envahies par des voix et envahies par toutes sortes de perceptions inhabituelles.
Infirmière de formation depuis 1984, j’ai longtemps été en contact direct avec des corps en souffrance. Mon intérêt pour l’humain m’a amené aussi professionnellement à étudier parallèlement mon propre corps en mouvement, par l’expression gymnique, le théâtre, la danse jusqu’à me conduire à me former à la prise de conscience du corps par le mouvement, une méthode d’éducation somatique appelée méthode Feldenkraïs du nom de son inventeur Moshe FELDENKRAÏS.
C’est en 2013, alors que j’étais en formation de psychothérapie transpersonnelle à L’IRRET(Ceshum), que mon fils a brutalement été submergé par l’entente de voix et envahi par toutes sortes de perceptions inhabituelles qui ont changé le cours de son existence. Je l’ai fait examiner par des spécialistes(plusieurs) et il a été hospitalisé pour psychose sévère. Il a reçu un traitement mais son corps ne l’a pas toléré. Au bout de cinq jours, sa souffrance est devenu telle, qu’il a demandé à sortir.
J’ai cherché à comprendre ce qu’il vivait, j’ai cherché des alliés pour l’aider d’une autre façon à surmonter sa souffrance, à gérer ses voix et à reprendre le pouvoir sur sa vie. J’ai du gérer mes peurs et réunir tout mon savoir de soignante et de mère aimante pour l’aider à s’en sortir.
Aujourd’hui, mon fils n’a jamais rechuté, ni fait de passage à l’acte ni sur lui même ni sur autrui . Il a repris une certaine autonomie qui lui permet de prendre soin de lui. Le rétablissement est lent mais il est réel.
J’ai partagé et je partage toujours notre expérience sur une page facebook que j’ai appelé « Le traitement ».
Mon parcours
Amoureuse du corps humain en mouvement depuis toujours, du langage et de la vie, je n’ai jamais cessé de m’y intéresser.
Issue d’une famille de souffrance, il m’a été facile d’embrasser le métier d’infirmière mais cela ne m’a pas suffi.
Des disciplines artistiques m’ont permis d’apaiser ma soif d’être toujours plus vivante que je ne l’étais déjà.
Danser et faire du théâtre m’ont apporté cette joie inexplicable que l’on goûte lorsque l’on monte sur scène pour être en représentation.
La scène était pour moi non pas l’école de la vérité, mais l’école du vrai, de l’authenticité.
Mon besoin de liberté m’a amené à voyager et à faire mon école de théâtre au Canada.
Mon ancrage sur terre m’a forcé à ne jamais abandonner mon métier d’infirmière et il m’a été donné de vivre le bonheur d’être soignante l’hôpital le jour et d’être applaudi sur scène le soir, à poser une perfusion dans un hôpital à Paris la veille de prendre un avion pour commencer le tournage d’un film le lendemain en Côte d’Ivoire, deux mondes avec des codes si différents. J’aimais passer de l’un à l’autre. Cela me donnait la sensation de ne m’enfermer nulle part. J’assouvissais mon besoin de vivre des expériences différentes, un fort besoin de garder ma singularité.